ESC250 2025
‘ESC250’: faits et chiffres au fil des ans
Depuis que Songfestival.be a repris l’organisation de l’ESC250 en 2017, le classement est devenu la référence annuelle de ce que le monde des fans de l’Eurovision chérit vraiment. La tension pendant la période de vote, les changements soudains dans le classement et les réactions souvent très émotionnelles sur les réseaux sociaux font de chaque édition un événement presque aussi vivant que le Concours lui-même.
Au fil des années, un schéma frappant se dessine : la liste change constamment, mais certains titres continuent d’y figurer en bonne place, année après année.
Un premier constat saute aux yeux : presque tous les pays y sont représentés. En 2021, 50 pays figuraient dans le classement, en 2022 ils étaient à nouveau 49, et en 2023 ce nombre est passé à 48. L’édition 2024 est remontée à 49 pays.
Cela signifie que seuls trois pays restent structurellement absents : le Maroc, Andorre et le Bélarus, tandis que Monaco a fait un retour remarqué en 2024 grâce à la spectaculaire remontée de Séverine Ferrer.
Une catégorie à part
La Suède reste, quant à elle, dans une catégorie à part. Le pays est passé de 25 titres en 2021 à 17 en 2022 et a encore reculé en 2023, mais a signé un solide retour en 2024 avec 16 chansons dans la liste.
L’Italie occupe souvent la deuxième place, avec des pics comme 16 titres en 2023. L’Espagne et la Norvège se relaient dans le haut du tableau, tandis que la Belgique et les Pays-Bas oscillent généralement entre cinq et sept entrées.
Des décennies qui montent… et qui s’effacent
La répartition par décennie en dit tout autant sur les goûts du public. Les premières années du Concours disparaissent peu à peu du paysage. Les années 1950 ont tenu bon jusqu’en 2023 grâce à Domenico Modugno, mais ont complètement disparu du classement en 2024.
Les années 1960 et 1970 conservent une présence modeste mais stable, tandis que les années 1980 et surtout 1990 ressurgissent régulièrement grâce à quelques classiques intemporels.
Mais ce sont surtout les années 2000, 2010 et 2020 qui dominent le classement. En 2021, par exemple, on comptait 104 chansons des années 2010, et même dans les éditions les plus récentes, ces titres restent massivement présents.
Les années 2020 — alors que la décennie n’est même pas encore terminée — s’imposent désormais grâce à un public votant nettement plus jeune : en 2024, 93 chansons des années 2020 figuraient dans la liste, soit douze de plus que l’année précédente.
L’essor de l’anglais et le sort des autres langues
L’anglais reste, année après année, la langue dominante au sein de l’ESC250. En 2023, 138 titres étaient au moins partiellement en anglais ; en 2024, ce chiffre est monté à 143. L’italien et le français suivent de loin, tandis que les autres langues n’apparaissent qu’épisodiquement.
Le néerlandais parvient systématiquement à placer deux titres : une année avec De diepte et Hemel en aarde, une autre avec De diepte et Europapa. Totalement unique reste Sanomi, le seul titre dans une langue fictive qui continue, année après année, à garder sa place.
Montées, chutes et retours inattendus
Chaque édition de l’ESC250 apporte son lot de rebondissements spectaculaires, souvent via des bonds impressionnants dans le classement. En 2024, la Yougoslavie 1984 a été la plus grande grimpeuse, avec un saut de 896 places. Monaco 2006 suit avec +819, tandis que la Slovénie 2016 gagne pas moins de 707 places.
Les fortes chutes sont tout aussi fréquentes. L’Espagne 2007 a connu en 2024 une dégringolade de 389 places, tandis que le Monténégro 2008 a perdu, la même année, 899 places en dehors même de la liste.
L’édition 2023 racontait une histoire comparable, avec les Pays-Bas 1978 qui ont chuté de 1 228 places et le Bélarus 2005 qui en a perdu 1 067. À l’inverse, l’Espagne 2007 faisait justement son retour cette année-là, en réintégrant le classement grâce à un gain de 452 places.
En 2022, deux favoris des fans de 2021 se sont effondrés : Sugar et Discoteque ont tous deux reculé de 137 places. Le plus grand bond positif était alors pour la Roumanie 1998, qui a grimpé de 1 067 places.
Le destin des vainqueurs de l’Eurovision
Les vainqueurs forment un chapitre à part. En 2021, on comptait 36 chansons gagnantes dans la liste, 31 en 2022, de nouveau 36 en 2023 et à nouveau 31 en 2024. Mais la composition change constamment.
Certains vainqueurs disparaissent temporairement — Charlotte Nilsson a manqué la liste en 2023 mais est revenue en 2024 — tandis que d’autres semblent désormais relégués à l’arrière-plan. Gigliola Cinquetti, Paul Harrington & Charlie McGettigan, Nicole, les Olsen Brothers et même Modugno doivent récemment céder du terrain.
Loreen reste la reine incontestée de ce classement. Aucun artiste ne domine l’ESC250 comme elle : dix fois numéro un avec Euphoria, deux top 3 avec Tattoo et, l’an dernier, les deux premières places entièrement à son nom. Elle devance ainsi largement d’autres vainqueurs marquants comme Måneskin, Duncan Laurence ou Jamala.
Une liste vivante, en perpétuel mouvement
L’ESC250 n’est jamais un monument figé. On le voit à l’afflux constant de nouveaux titres. En 2023, 47 chansons faisaient leur entrée ; en 2024, il y en avait encore 44 de plus.
Chaque année, des dizaines de titres quittent le classement pendant que d’autres y apparaissent, souvent portés par de nouvelles campagnes de vote, des moments viraux ou l’influence de communautés de fans. Chaque année, des centaines de chansons restent complètement sans points : 155 en 2023, 126 en 2024.
Une constante demeure pourtant : l’ESC250 ne reflète pas seulement les goûts du moment, mais aussi la mémoire collective des fans. C’est un affrontement annuel entre nostalgie et actualité, entre les favoris d’hier et les icônes de demain.
Les votes pour l’ESC250 sont d’ailleurs toujours ouverts jusqu’au 7 décembre à 12h00.